[Current Gen] Life is Strange 5


Quand je regarde certain moment de ma vie, je me dis que si j’avais le pouvoir de revenir en arrière, alors peut-être ferai-je différemment… Et je sais que toi aussi, tu as déjà fait ce constat, sur des choix parfois bénins (« oh j’aurai pas du prendre un chaussons aux pommes pour le goûter mais plutôt un éclair au chocolat ») et parfois plus sérieux et lourd de conséquence (souviens-toi quand tu as choisi de faire des études en myrmécologie après avoir lu « les fourmis » de Weber, plutôt que de te lancer dans une carrière plus terre à terre, moins passionnante, mais qui t’aurai donner de quoi te payer à souper nom de Zeus !). Tout le monde pense toujours à ce fameux « si j’avais su« . Et si, et si… et on refait le monde, on refait notre vie, on redessine l’avenir. Mais, toi et moi, nous savons bien que la vie ne peut se construire sans quelques regrets, mais que jamais, ô non jamais on ne peut revenir sur quelque chose de passé, et que chacun de nos actes a conduit à quelque chose de bon, toujours. Parce que ce choix, nous l’avons fait en notre âme et conscience.
Bref !

LifeisStrange

Tout ça pour te dire que la notion de retour dans le temps (et crois-moi ou non, j’ai commencé à rédiger cet article le 21/10/2015… le jour de l’arrivée de Marty Mc Fly !!!) est un des grands sujets récurrents dans les histoires de SCI-FI.

Alors tu t’interroge, pourquoi est-ce qu’elle nous parle de ça ? Elle va nous faire un constat sur sa vie, ses choix, ses erreurs du passé et tout et tout ? Et bien pas du tout ! Je te parle de ça parce que mardi 20 octobre 2015 sortait le dernier chapitre d’un jeu en 5 épisodes, qui a pour sujet les voyages dans le temps, et leurs impacts sur le présent et le futur. Un jeu qui, au premier abord, partait pour être assez banal et déjà vu, dans un univers pas super folichon et avec un esthétisme singulier. Mais, ce jeu, au fur et à mesure des chapitres, c’est révélé riche et fort d’un message touchant, d’une histoire à dimension humaine, sans prétention, et a fini par être plébiscité par bon nombre de joueur tombé « par hasard » dessus, et bien heureux d’avoir fait l’acquisition de ce dernier.

Je m’en vais donc te parler de Life is strange, jeu sorti le 30 janvier 2015 (enfin le 1er épisode) et qui, parce qu’il m’a fait passer par bien des émotions, mérite très largement que tu t’y attardes, si toi aussi tu partage ma passion pour les jeux vidéos.

Une histoire d’ado, mais pas que.

Life is strange raconte l’histoire de Maxine Caulfield, jeune étudiante revenue dans sa ville natale, Arcadia Bay, pour poursuivre ses études en photographie dans une école de gros bourgeois. Max est une étudiante lambda, n’appartenant ni à la classe des riches et bourgeois, ni aux gros Nerds ou sportifs du campus. C’est une adolescente un chouilla geek en devenir, qui se fond dans la masse et passe inaperçue, de part son caractère assez introverti et timide. Il s’agit là d’une jeune fille sans histoire, avec ses fréquentations, ses amis, ses ennemis, ses complications scolaires (elle n’arrive pas à rendre sa photo pour un concours approchant, faute d’inspiration malgré son talent). Sa vie prend une tournure inattendue lorsqu’elle découvre qu’elle peut influencer le temps en revenant en arrière suite à un drame dont elle est le témoin, drame incluant son ex-meilleure amie Chloé.

Je ne t’en dirais pas plus, parce que je pense que l’expérience de ce jeu est bien plus grande sans en connaître aucun détail, mais vraiment.

Tu vois Heavy Rain ? Bah c’est pareil, mais en totalement différent.
Le joueur prend donc les manettes pour diriger une Max dans un environnement qui n’est pas sans rappeler un certain Heavy Rain (en moins beau certes mais moins prétentieux également), où le joueur évolue dans un monde réel, et interagit avec les gens autour de manière intuitive avec la manette, dans un quotidien d’étudiants américain. Il sera question de discuter avec chacun, de prendre des photos ici et là, de faire des choix fréquemment au fur et à mesure des discutions et actions , d’apprendre à maîtriser ce « don » qu’est le retour dans le temps, et faire des choix parfois cornéliens qui auront un effet sur la vie des uns, des autres, et de soi-même… et dont on récoltera les fruits (pourris ou non) en fin de parcours.

Ce jeu repose sur cette mécanique, à savoir revenir en arrière pour revoir ses décisions. Max va donc découvrir l’étendu de son pouvoir, agir et réagir selon les événements et revivre certaines situations à sa guise pour choisir la « meilleure » option. Mais elle va apprendre également à ses dépends que l’on ne joue pas avec le temps sans engendrer des conséquences plus ou moins grave, ce qui nous ramène à l’effet papillon. Une petite action aujourd’hui peut déclencher un grand cataclysme demain…

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Un jeu où chaque choix comptent. Et coûtent.
Parce que dans Life is strange, il est question de choix, constamment. Et tu seras souvent prit au ventre quand tu devras choisir entre la peste ou le choléra. Parce que cette aventure qui s’écoule sur des mois pour toi (entre l’épisode 1 qui sort en janvier et le 5 en octobre, du temps s’en passe) te fera t’attacher à tes personnages, et c’est là que le studio Dontnod, qui nous a pondu cette merveille, à créé la plus grande surprise : cette humanisation de ses personnages, jusqu’à nous faire pleurer pour eux, avec eux, à cause d’eux. Les tribulations de Max ne sont que le chemin que parcoure une jeune adulte en devenir. Elle se retrouve vite embarquée dans quelque chose qui la dépasse, et la confronte à ce moment fatidique où, en quelque sorte, il est temps de devenir adulte, de faire des choix cruciaux, et de les assumer, quels qu’ils soient, pleinement, et sans revenir dessus.

Choices

C’est pas moderne, techniquement dépassé… et pourtant c’est beau.
Franchement, quand j’ai joué au premier épisode, je me suis un peu sentie comme tout ces gens désabusés et outrés en voyant un jeu sortir sur PS4 et pas aussi beau qu’un The Witcher 3. Genre « non mais c’est quoi ces graphismes moisis, cette animation approximative ou ce motion capture inexistant ?! ». Puis en jouant, je me suis souvenue que ce qui fait la force d’un jeu, sa richesse [en tout cas à mes yeux], ce n’est pas son habillage, son graphisme de fou furieux, son gameplay novateur et jamais vu, mais son background. Je suis une joueuse principalement de RPG, alors forcément même si j’aime les jeux visuellement beau, je m’attarde plus sur l’âme qu’on essaie d’y insuffler.
Life is Strange n’est pas un exemple de pointe graphique, mais il reste agréable à regarder avec un choix d’effet visuel qui me fait penser à de l’aquarelle et auquel, non seulement on finit par s’habituer, mais finit même pas trouver cela très beau. Le design a une certaine douceur que je n’explique pas, mais ma rétine a apprécié ce visuel singulier, et qui sonne comme une marque de fabrique pour le coup. Reste que techniquement ça peut paraître dépassé, mais ça n’est pas un jeu qui nécessite un gameplay très avancé. Non, la vraie force du jeu reste son histoire, ses personnages, son environnements. Alors, même si ce n’est pas une claque rétinienne, cela reste une claque émotionnelle !

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Une fin en demi-teinte pour un jeu si lumineux.
Cela n’est que mon avis personnel bien sûr, et sans pour autant spoiler énormément, mais un chouilla quand même. Tu es prévenu(e)…
Dans ce dernier épisode, on écoute donc beaucoup les gens nous dire des « mais tu vois quand tu as fait ceci » « si tu n’avais pas fait cela » etc. Cela justifie nos choix, les met en lumière, nous ramène en arrière, mais sans apporter pour autant de conséquence sur la fin scriptée et donc relativement rigide.

J’ai été étonnée (et un brin déçue) par les 2 uniques choix qui se sont offerts à moi pour terminer le jeu, conclure cette aventure. Deux petits choix, lourds de conséquences, mais uniquement deux choix alors que toutes les interactions possibles en cours de jeu laissaient penser que plus de possibilité s’offrirait à nous pour clôturer ce chemin de croix. C’est là que cet ultime épisode m’a déçu. J’ai eu envie de me dire « tout ça pour ça » (tu te souviens de l’effet Lost ?). Parce que, finalement, les choix que nous avons fait jusque là n’auront servit qu’à enrichir le speech des personnages de ce 5ème épisode, orientant leur dires selon ce que l’on a fait précédemment, ou pas, dans des grandes tirades sans fin (car dans cet ultime épisode, ça parle beaucoup, ça joue peu, il faut l’admettre.)

Pour autant, cela reste une très bonne fin, aussi évidente que poignante. Même si j’attendais forcément plus donc, je ne suis pas déçue malgré tout puisqu’au final. si il y a deux fins, on sent clairement que Dontnod a un parti prit pour l’une d’elle, et que cela est totalement logique finalement. L’histoire ne pouvait pas se terminer autrement. Bon, je râle quand même parce que si on devine cela, c’est tout simplement parce qu’ayant fait les deux (bah oui j’allais pas me contenter d’une fin et basta !), on note clairement que l’une est plutôt travailler, quand l’autre se termine rapidement (emballé c’est pesé !!). Pas très équilibré et dommageable pour cette fin qui méritait je pense qu’on s’y attarde un peu plus.

Au final, même si j’ai ressenti une certaine déception en terminant cette grande aventure, parce que j’aurai voulu que le message soit plus fort mais aussi différent, que l’on vive d’avantage l’influence de tout nos choix au travers des épisodes précédents, avec plus de fins possible, on ne ressort pas de cette aventure indemne, et je fais partie de ces gens qui une fois le jeu fini, ont ce sentiment de tristesse se disant que ce temps passé au côté de Maxine était vraiment chouette.
Sans avoir la grande classe ou la grande force d’un Heavy Rain (tu as deviné que j’ai ADORÉ ce jeu ?), sans nous faire une démonstration magistrale de technologie avancée, Life is Strange touche par sa simplicité.

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Mais alors… Pourquoi devrais-tu jouer à Life is Strange ?
Parce que je te le conseille, et que je suis toujours de bon conseil. Et sinon, parce que Life is strange tire sa force dans son scénario et ses personnages plein d’humanité, de contradiction, de vie, de passion, de colère… Parce que si tout débute de manière simple, avec beaucoup de tracas du quotidien dans une vie de jeune adulte en devenir, le jeu sombre peu à peu dans une noirceur qu’on ne soupçonnait pas, dans une histoire plus macabre qu’elle voulait le paraître, un scénario plus riche et complexe.
Ceci dit, rien n’est laissé au hasard, tout est connecté, et chaque choix amènera à des trames de l’histoires toujours différentes, sans changer l’axe principal pour autant (dommage). On se sent très vite très concerné par la vie de Max et on se prend d’affection pour elle et Chloé – et leurs proches – et pour le « combat  que mène Max », à savoir ses innombrables retour dans le temps dans un seul et unique but que tu découvrira par toi même… On a envie de bien faire, toujours, tout comme Max essaiera toujours de tirer profit de son don pour le bien de tous, le bien commun. Ou presque. Car à nous reviens de choisir si Max orientera son don pour des choix égoïstes, ou des choix plus responsables… Et au final, son histoire devient notre, et c’est là que le meilleur du jeu vidéo opère : quand on s’évade totalement l’espace d’une partie de jeu, pour prendre place au côté de Maxine Caufield. 

Maxine

Maintenant que le jeu est sortie dans son intégralité, si tu aime les jeux vidéos, et que tu es passé à côté, sache qu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, et à défaut de remonter le temps, tu peux vite courir te connecter sur ton store et te procurer ce petit bijou qui ensoleille la bibliothèque vidéoluqiue virtuelle 2015 de nos consoles Current Gen.

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