Lettre ouverte pour Petite Mangounette

Ma chère Petite Mangounette,

Nous y voilà, ça y est, la fameuse date du 19 octobre 2017. Et si cet article, cette lettre ouverte à ton attention, apparaît sur le blog, cela voudra dire qu’entre le moment de sa rédaction et ce jeudi 19 octobre, tu n’as toujours pas décidé de pointer le bout de ton petit nez. Au moment où il sera publié, je serai à l’hôpital, pour un énième rendez-vous dont je connais déjà le déroulement à l’avance, pour l’avoir trop vécu ces dernières semaines : « monitoring nickel, bébé hyper actif en bonne santé, col fermé : rentrez chez vous. »

Ma Petite Mangounette, quand as-tu l’intention de venir nous rejoindre ? Parce qu’entre toi et moi, 9 mois de gestation, c’est long. Surtout les derniers mois. Demain, je débuterai un peu le 10ème mois, nous jouerons les prolongations, et comment te dire… Sans vouloir t’offenser, il serait plus que temps que tu sortes, car j’en ai un peu beaucoup marre de cette cohabitation forcée.

En gros, Maman en a marre que tu squattes !

Alors oui, je sais, c’est un moment privilégié que nous vivons, la grossesse c’est merveilleux, toussa toussa. Oui, ça l’est, mais pas quand tu arrives à 9 mois plein. On en parle de toutes les déconvenues que cela implique ?

Tu es un bébé en pleine forme, a n’en pas douter Mangounette. Pourtant, il paraît qu’à la fin de la grossesse, le bébé a moins de place pour bouger, donc il se manifeste moins, logique. Toi, tu es un « beau » bébé (je ne vais pas révéler le dernier point concernant ton poids, mais on est plus très loin du petit sumo là ♥), et le ventre de maman a beau être « immense« , même le gynécologue s’étonne car il ne l’est pas tant que ça pour un bébé « si bien portant ». Alors, la question demeure : comment fais-tu ?! Comment fais-tu pour me déformer le ventre dès que je me (re)pose ? Comment fais-tu pour pouvoir te mouvoir avec autant d’aisance dans si peu d’espace ? Tu m’as tout l’air d’une hyper-active, a bouger sans cesse, et pas délicatement. Et la tendresse bordel ?!
Faire une échographie prends des plombes car même là tu ne t’arrêtes jamais. Ou n’aimes-tu pas qu’on te regarde peut-être ?
Le jour, la nuit, dès que je veux me poser et me « détendre », c’est comme un signal pour que tu fasses de la zumba dans mon ventre, à croire que tu penses qu’il s’agit là d’une discothèque. Alors je ne dors plus que très peu, et très mal, je ne dors pas la journée, et quand je me pose, c’est pour subir tes assauts aussi « mignons » que « violents« . Non vraiment, là, j’en peux plus. Si seulement je pouvais t’emmailloter à l’intérieurement !

Et puis, sais-tu ce que cela fait de ressembler à une baleine ma p’tite Mangounette ? Bon ok, tu sais peut être, dans la mesure où tu es plutôt bien ronde à priori, et que tu baignes dans le liquide amniotique (devrais-je changer ton surnom en « mon Petit Baleineau » ?). Sauf que moi, je ne suis pas dans l’eau. Je ne flotte pas. Je subis la gravité (ahah tu rigoleras moins quand tu sortiras et l’affrontera toi aussi !). J’ai une démarche de pachyderme (mais pitié, je ne veux pas le temps de gestation qui va avec, sors !!!), et les gens qui me croisent ont limite pitié de moi. La dernière fois que j’ai fait les courses, le personnel s’est étonné de voir que j’étais encore enceinte, se demandant si j’allais accoucher un jour (je me le demande aussi). Ils se sont même proposés de m’aider à accoucher dans le magasin pour que j’ai des courses gratuites, en me faisant peur. Bon évidemment ça n’a pas fonctionné… Alors ils sont juste restés médusés devant ce ventre immense qui semble ne pas finir de grossir chaque jour.

Ce gros ventre imposant, qui fait sourire, rire, mais laisse aussi sans voix les copains de ton frère. Certains pensent même que j’ai deux bébés là dedans, parce que « ma maman quand elle attendait ma petite soeur son ventre il était pas aussi gros« . Sans déconner… A chaque fois qu’ils me croisent ils demandent quand tu arrives, comme si j’avais une date à leur donner, ils sont mignons de naïveté.
Ton frère est sans cesse questionné pour savoir si ça y est, elle est là la p’tite soeur, et lui il n’attend que ça de pouvoir se vanter d’être devenu un grand frère dans la cour de récré. Tu n’as pas envie de lui faire plaisir dis ? Allez sois cool, fais-le pour lui, sors !

Oh puis, ça commence à être compliqué niveau tenue vestimentaire aussi. Non parce que bon, les tenues de grossesses sont prévues pour un ventre n’allant pas jusqu’à 10 mois de grossesse. Du coup, ces fameux jeans avec l’élastique pour le ventre commencent à avoir un léger défaut : l’élastique n’est plus assez élastique… Cela me marque sur le haut du ventre, un peu comme porter des chaussettes quand on a les chevilles qui gonflent… Et les hauts commencent à être juste en longueur, vu comme mon ventre pointe vers l’avant… Alors je tourne avec les mêmes vêtements, heureusement que je ne sors pas trop,  et que ma tenue de prédilection est en pyjama de fortune…

D’ailleurs, grâce à toi, j’ai oublié le sens du mot sexy. Non parce que traîner en pyjama all day, avec mon pilou-pilou quand il fait frais, s’habiller juste pour sortir, et se changer dès qu’on rentre pour être à l’aise, dans des tenues soit hyper larges, ou hyper n’importe quoi pourvu que je rentre dedans, c’est SEXY AS HELL ! Quand je reçois des colis, je me demande ce que pense le gentil facteur colissimo en me voyant dans pareille tenue. Ah puis, niveau capillaire et visage, j’ai abandonné. J’ai été coupé mes cheveux chez le coiffeur, mais on ne va pas se mentir : y’a plus rien à faire là, je ressemble à rien, même le maquillage ne saurait me sauver, je deviens une cause perdue avec une tête de zombie fatiguée et décoiffée (mais, dans mon malheur, je ne suis pas bouffie, ô joie). Heureusement que je ne vois plus grand monde pour imposer ça aux gens !

Et on en parle du fait que je n’ai pas vu mon entre-jambe depuis des lustres ? Genre à se demander si j’en ai encore un d’entre-jambe (Ah bah si j’en ai un, y’a tout le corps médical de l’hôpital qui regardent par là régulièrement en c’moment !) ! De la galère à me raser les jambes, mettre mes chaussons/chaussures/chaussettes, me laver (là, je regrette la baignoire et l’effort que cela implique pour l’enjamber !), m’habiller, cuisiner, faire la vaisselle (oui, parce que je ne peux pas m’approcher totalement de l’évier, gros bidon oblige !!!!), ouvrir les placards en hauteur, le ménage, me lever, puis m’asseoir, et me relever, me baisser… Enfin tout les trucs de la vie de tout les jours je crois.. C’est clairement pas maintenant que je vais faire toutouyoutou dans mon salon. Et dire qu’on me conseillait le yoga prénatal, que j’y ai songé, bah tu sais quoi ? Oublies. Si déjà je lace mes chaussures, c’est un exploit notable digne des plus grandes postures de relaxation.

On m’a dit que le meilleur moyen d’aider les choses, c’est de ne pas rester inactive. Facile à dire quand ton corps te rappelle qu’il existe.

Car quel privilège que la grossesse qui te permet de te souvenir que tu as mal un peu partout en fait, que chaque partie de ton corps est connecté, et que bouger implique des mouvements de partout, juste à ce p*tain de petit os dont t’ignorais l’existence, mais qui là te fais souffrir parce que ton centre de gravité est complètement chamboulé !
En plus, comme tu es sur les starting block depuis longtemps (parce que t’es peut être pas prête de vouloir sortir, mais t’es quand même devant la porte, au cas où j’imagine ?), tête bien basse, qui appuie fort, j’ai souvent très mal à la future porte de sortie, et au moindre mouvement la douleur se rappelle à moi. Chouette.

J’essaie malgré tout d’appliquer ce qu’on m’a recommandé : bouger, sortir, marcher. Mais, à part me ruiner un peu plus et me mettre en souffrance par la suite, me balader n’a pas eu l’air d’avoir provoquer quoi que ce soit… on m’aurait menti ? Notre dernière balade en famille lors de ce dimanche limite estival ne t’as pas donné envie d’être parmi nous ? Je ne te comprends pas…

Tiens, j’ai même emmené ton frère à un tournoi de tennis de table et fais des échanges avec lui. Ce vilain bonhomme m’a fait des balles franchement pas sympa à rattraper (alors qu’il débute cette année) et je me suis mise à penser que peut-être, peut-être ces efforts aller m’aider à accoucher plus vite. Bah tu vois, je suis toujours là, et toi aussi, donc à la question « le tennis de table peut-il accélérer le travail ? » la réponse est NON. Je cherche de l’espoir un peu partout, tu sens mon désespoir ?

Ah, et puis, si tu pouvais arrêter de prendre ma vessie pour un doudou, ça serait vraiment sympa. Combien de fausses alertes par jour dois-je subir, pensant que je dois aller aux petits coins, et ne faisant absolument rien… avant d’y retourner 2min après pour… rien… puis pour quelque chose… ou pas ? De fait, grâce à toi, j’ai découvert le « plaisir » de réussir à faire vraiment pipi (glamour toujours) quand on en a ressentie le besoin/l’envie (Oh joie je ne suis pas aller aux toilettes pour rien, quel petit bonheur simple !!!). D’ailleurs je tiens à préciser justement que le glamour n’existe plus dans ma vie depuis toi, la pudeur on oublie, et les discutions autour de sujets divers et variés tournant autour de mon vagin, mon utérus, et autres joyeusetés sont mon quotidien. Ah, la grossesse !
Avec ça s’ajoute bien sûr, les réveils nocturnes donc, parfois pour rien là aussi, mais qui coûtent puisqu’une fois réveillée, j’ai souvent du mal à me rendormir. Et si ce n’est pas toi qui m’empêche de retrouver le sommeil, ni même mon cerveau qui s’est enclenché, ou toute la liste des choses à faire qui s’accumule dans mon esprit, c’est ton père qui me fait une symphonie dans l’oreille. Elles sont longues, les nuits, alors t’as intérêt à dormir une fois arrivée, j’te l’dis.

Et puis, tu sais, il y a plein de monde qui t’attend. A commencer par ton papa, ton frère et moi bien sûr. On est tellement impatients de te prendre dans nos bras, de vivre cette nouvelle vie de famille, on est prêt, tout est là, il ne manque plus que toi.
Il y a aussi toute ta famille qui t’attend, trépigne d’impatience, Tata O. n’arrête pas de demander de tes nouvelles et t’envois des messages chaque fois dans ses articles t’indiquant qu’elle aussi, elle est prête ! Tu pourrais au moins lire son blog et lui répondre, non ? Quelle impolitesse.
Et que dire des ami(e)s, copines de maman, des connaissances parfois seulement, qui viennent aux nouvelles… Tellement de monde t’attend, le monde t’attend, alors pourquoi ne pas venir ? Je sais, les nouvelles ne sont pas forcément bonnes partout, mais je te promets que tu ne manqueras jamais de rien, tu auras toujours de l’Amour, de la bienveillance, du respect, et tout ce qu’il faut pour réussir une belle vie épanouie. Promis. Alors viens !! Ou alors quoi, on est pas assez bien pour toi ?

Mais non, tu as décidé d’annoncer la couleur, mine boudeuse, capricieuse… Comme sur la dernière écho 3D où on a clairement l’impression que tu fais la moue (non mais t’es sérieuse pépette ?!). Petite princesse ? Bébé fait d’la résistance ? Ou juste que tu suis l’exemple de ton frère qui a joué les prolongations avant toi ? Tu te fais désirer, n’offrant aucun signe d’une éventuelle venue, pas de contractions dignes de ce nom, rien, nada, woualou. T’es posey au chaud comme disent les jeunes, et t’as pas l’intention de te presser. OKLM quoi.

Je peux comprendre que tu te sentes bien là où tu es, bercée par maman, à m’écouter parler toute seule (tu ne me réponds jamais…), chanter (faux), écouter de la musique (qui peut être ne te conviens même pas), nourrie gracieusement. Et tu as droit à d’innombrables caresses, de l’affection, de l’amour… mais tout ça à travers mon ventre !

N’as tu pas envie de cesser d’exister par procuration ? De prendre ton envol, et vivre par toi-même, pour toi-même ? Tu ne te rends pas compte combien ça serait tellement mieux si tu pouvais sentir toutes ses caresses sur la douceur de ta peau parfaite de petit bébé ?
Tu n’imagines certainement pas encore tout ce que tu rates, à rester cacher au creux de moi. Et pourtant, il y a tellement de belles choses qui n’attendent que toi, et on a tellement à t’offrir…

Alors oui, c’était chouette de partager des moments mère/filles, d’avoir cette exclusivité. Ces 9 mois de Toi & Moi, c’était du Bonheur, de l’Amour, des sentiments si forts et si intenses, qu’on ne mesure pas. Mais toutes les bonnes choses ont une fin, et mieux encore, ce genre de chose ne se termine que pour laisser place à bien mieux encore ♥

Et puis…. je n’aime pas trop les Tanguy, et je crois que là, tu pousse le bouchon un peu trop loin Mauricette. Alors, maintenant, je te le dis : il faut sortir. Ouste, dehors !
Sans vouloir te menacer, si tu ne daignes pas venir de toi-même, l’hôpital va finir par t’expulser de force, et franchement, j’aimerai nous éviter ça, à toi comme à moi, car cela implique hélas certain contre-temps, et je n’ai pas prévue de te mettre au monde autrement que par voie basse. Je n’ai pas envie d’une césarienne, et tu n’as sûrement pas envie de me souhaiter cela non plus, hein Mauricette ?

Pour la petite histoire, ton frère, qui a joué les prolongations, a fini par se décider quand la sage-femme m’a annoncé que je pouvais rentrer chez moi et que si 2 jours après il n’était pas là, on le mettrai dehors, bon gré mal gré. Crois-le ou non, à peine m’a-t-elle annonçait ça, qu’en me levant, je perdais les eaux. Ca l’a fait réagir lui, il s’est montré intelligent, coopératif sur la fin, alors fais pareil Mauricette !!!

Tiens, Mauricette, t’en penses quoi de ce prénom ? C’est sûrement mieux que Désirée… Alors… Si tu ne te dépêche pas de sortir, je vais finir par t’appeler comme ça, tu l’auras cherché.

Alors, motivée ?

Ta Maman qui s’impatiente et grossit à vue d’oeil

 

PS : Bien évidemment, cette lettre je te l’écris avec beaucoup d’humour, d’abord parce que c’est un peu tout ce qu’il me reste maintenant (lol), mais aussi parce que ces 9 mois, et jusqu’au dernier jours, je ne les oublierai jamais, ils n’appartiendront qu’à nous, mais tu ne peux pas m’en vouloir d’être pressée d’avoir envie de bien plus maintenant, ou tout simplement… d’avoir envie de t’avoir, Toi, plutôt que contre mon coeur, dans mes bras ♥

PS² : je n’ai rien contre les Mauricette, aucune offense, alors si une Mauricette passe par là, je te bise fort !

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