[Lecture] Le Caillou de Sigolène Vinson


Acheté par curiosité, suite à une critique express trouvée au hasard d’un blog, le caillou de Sigolène Vinson, édité par Le Tripode, est un livre dont je n’aurai jamais fait l’acquisition si je n’avais pas lu tant de bien à son sujet !

Mon avis sur un livre atypique !

Le Caillou_UNE

Résumé

L’histoire d’une femme qui voulait devenir un caillou [c’est tout !].

 

Mon avis

Une femme qui veut devenir caillou. Voilà une drôle d’ambition. C’est sur ces états de faits que démarre une histoire narrée à la première personne. L’auteur – dont on ignore le nom – nous raconte son histoire, comme on rédige un journal intime. Écrit dans un style à fois élégant et décomplexé, parfois même franc parlé, le caillou est avant tout l’histoire d’une personne à la dérive, qui s’est exclue de la société, et qui par un “drôle” de hasard (le décès de son voisin de palier) va se retrouver dans une quête de l’existant qui la mènera jusqu’en Corse. Qui suis-je ? Quel est le but de ma vie ? Quelle est ma place dans cette société ? Voilà des questions existentielles, posées à demi-mot, auxquelles l’auteur, au détour d’un parcours initiatique, sorte de pèlerinage personnel, tentera de trouver des réponses. Le caillou, c’est une histoire de rencontre, inter-générationnel, et de tout horizon.

Si pendant les trois quart du livre, on se demande où tout cela va nous mener, on finit par arriver rapidement à la conclusion de ce livre, dans un retournement de situation qui tient en quelques pages, et qui change totalement la donne et l’histoire. Surprenant, inattendu, singulier, atypique, voilà les mots qui résument ce livre.

J’ai prie du plaisir à le lire, beaucoup, j’ai souvent souri, j’ai été touchée parfois. Ce livre très très court [hélas], demande néanmoins de l’attention, car ce dernier étant rédigé de manière parfois décousue, on peut s’y perdre, et se lasser si on espace trop la lecture.

L’ayant lu quasi d’une traite (quelques jours d’affilés), je n’ai pas décroché une seconde et me suis laissée emporter jusqu’en Corse.

Cette lecture m’a d’autant plus émue sachant le drame qu’a vécu, en janvier 2015, Sigolène Vinson, présente dans les locaux de Charlie Hebdo. Je n’avais d’ailleurs pas acheté ce roman avec cette information, c’est lorsque je l’ai ouvert pour débuter la lecture que le nom de l’auteur m’a rappelé quelque chose… et je me suis souvenu où je l’avais vu plus tôt dans l’année, dans notre triste actualité.

Je me permets d’ailleurs à ce sujet une petite aparté, je ne lisais pas ce journal avant, je ne le lis pas depuis non plus, non pas que j’adhère ou non, juste que je ne lis pas de journaux, c’est comme ça, mais pendant mes vacances à la montagne, je suis tombée sur le numéro spécial 1 an au kiosque, chose rare puisque l’an passé le Charlie Hebdo “d’après” avait été dévalisé et introuvable dans tout Paris. Je me le suis donc procurée, et j’avoue avoir été assez bouleversée par le récit des survivants qui débute ce journal, dont celui de Sigolène Vinson. J’ai reconnu là son style d’écriture, mais tellement plus personnel, que s’en fut très poignant et je n’ai d’ailleurs pas pu continuer à lire cette partie du journal, tant cela m’a été difficile.

Je pense néanmoins que c’est une “facette” de l’histoire, pas tant celle racontée sur les événements, mais plutôt le ressenti et le vécu de “ceux qui restent” avec leurs mots qui vaut le détour de ce numéro particulier. Et bien sûr, il y a tout le reste, tout son contenu, aussi atypique que provoc’ qui survit malgré tout, et qui me donne envie d’inviter les personnes ayant crié haut et fort #jesuischarlie à se le procurer, pour continuer d’être Charlie, continuer d’être libre.

Charlie hebdo_800

Pour en revenir à ce livre, il est évident qu’il est un de mes coups de coeur de 2015 ne serait-ce que pour sa singularité :)

Quelques citations pour finir…

« Avant de raccrocher, je lui confie que j’ai dans l’idée de partir quelques jours en Corse. Je l’entends renifler et pleurer. Pour elle, c’est le premier signe de vie que je donne depuis bien longtemps. Le dernier qu’elle a perçu, c’est le cri que j’ai poussé en venant au monde. Elle oublie qu’enfant, je riais tout le temps et embrassais le bonheur commun. Ce n’est que plus tard que j’ai eu des vues nouvelles, d’abord celle d’un désert sous ma fenêtre, et depuis peu, celle du large. »

Si tu souhaites te procurer « Le Caillou », tu peux le trouver :

-> sur le site de la Place des Libraires ici

☆ Bonne lecture ☆

Zelle

 

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